Les poiriers (Pyrus communis)





Le poirier cultivé est un arbre originaire des régions tempérées d'Europe et d'Asie. De taille moyenne, il peut atteindre dix à quinze mètres de haut et vivre jusqu'à 200 ans. Il est cultivé et naturalisé dans tous les continents. Les feuilles à limbe ovale, finement dentées sur le bord, ont un pétiole aussi long que le limbe et mesurent environ huit à neuf centimètres.

Les fleurs qui apparaissent en avril-mai sont blanches et groupées en corymbes.


Utilisations


La poire, fruit du poirier, est comestible. Le bois du poirier, très homogène, compact, peut acquérir un beau poli. Il est recherché pour l'ébénisterie, la gravure et la sculpture. Il constitue un excellent bois de chauffage. Son écorce est réputée tonique et astringente et a été employée comme fébrifuge.





Multiplication


La multiplication du poirier se fait par semis mais un simple semis a deux inconvénients : il ne permet pas de donner des fruits identiques au fruit d'origine de la graine et les fruits obtenus naturellement n'apparaissent que vers les dix ans de l'arbre et sont souvent sans intérêt gustatif. Le semis est donc utilisé principalement pour obtenir des francs sur lesquels on greffe des variétés existantes. Le plus souvent, on pratique une greffe en écusson en fin d'été, mais aussi en fente ou en couronne au printemps.


Porte-greffes


Les porte-greffes du poirier sont :

           le poirier franc issu de graines de poirier commun (sensible au feu bactérien), le poirier de Chine, plus tolérant à tous types de sols et de climats mais moins rustique, ou la gamme OHxF ;

           le cognassier (Cydonia oblonga Mill.) est souvent utilisé comme porte-greffe pour la culture du poirier commun malgré des problèmes d'incompatibilités avec certaines variétés comme la Williams ;

           éventuellement le cormier ou l'aubépine pour des sols pauvres ;

           une autre variété : regreffée ou sur-greffée, donc greffée sur un sujet, lui-même déjà sur porte-greffe. Cette méthode est aussi utilisée pour avoir deux variétés sur un même arbre, dont la pollinisation croisée favorise la production. Ceci évite la plantation d'un deuxième arbre et permet d'avoir une plus grande diversité de fruits. Mais aussi dans les situations suivantes : variétés dont la qualité déçoit, erreur de livraison, sensibilité aux maladies, variétés trop alternantes et floraison trop précoce dans un site gélif. Ces plants qui produisent deux variétés sont aussi nommés "duo" (il peut arriver que la greffe supérieure se développe au détriment de l'inférieure, ou qu'une variété plus vigoureuse se développe au détriment de la moins vigoureuse.)



 

Ennemis du poirier


Maladies



Ravageurs




Maturité des fruits


Selon les latitudes la récolte des poires se fait dans les 6 mois de raccourcissement du jour (juin à décembre dans l'hémisphère nord). Les poires tardives ont été sélectionnées pour se conserver et donner des fruits crus d'hiver.

La poire est un fruit climactérique, autrement dit son murissement se poursuit après sa récolte ; il peut être lent en ambiance fraîche et sombre. Contrairement aux poires à cuire qui se récoltent toujours avant maturité, la récolte des poires de table de pleine saison se fait à maturité. Les poires d'hiver se récoltent aussi avant maturité[].

On reconnait une poire mûre si elle cède de l'arbre quand la main lui donne une rotation de 90° (« règle du quart d'heure »).

 

 

Variétés


Il existe plus de deux mille variétés de poires, partagées selon leur usage entre poires de bouche (à manger telles quelles, crues) et poires à cuire ou à fermenter.

Les poires de table sont regroupées sous des appellations génériques telles que Beurré (chair fondante), Bon-Chrétien ou poire bergamote. On les classe actuellement par période de maturation :

• Les variétés précoces cueillies au cours de l'été et qui se conservent très peu de temps ;

• Les variétés d'automne et d'hiver (poires de garde) cueillies à partir du mois de septembre, qui se prêtent particulièrement à une longue conservation.


De plus la majorité des variétés de poiriers doivent être pollinisées par d'autres poiriers, car elles sont auto-stériles. On choisit la variété pollinisatrice dans le même groupe de pollinisation que celle à polliniser. Les divers groupes sont constitués comme suit : 1. floraison précoce à normale ; 2. floraison normale ; 3. floraison tardive.


La pollinisation des poiriers (lien vers les "Croqueurs de pommes")

 

Les variétés de poires d'été


 
·         'Beurré Giffard'

Poire de taille moyenne à la peau jaune pâle teinté de vermillon, à la chair fine et fondante, juteuse et sucrée. Elle est une des premières poires récoltées (fin juillet), juste avant qu'elle arrive à maturité.

Conservation : 15-20 jours

Attention : tendance au blettissement et sensible aux gelées et à la tavelure. À réserver au Midi.

Groupe de pollinisation : 1



·         'Dr Jules Guyot'

Grosse poire précoce (juillet-août) rafraîchissante, à la peau jaune et à la chair fine, fondante et sucrée mais dont on peut regretter le manque de parfum. Bons fruits à cuire.

L'arbre est productif et peu sensible à la tavelure.

Conservation : 30-45 jours

Groupe de pollinisation : 3



·         'Williams' ('Bon-Chrétien')

Poire d'été bien connue pour ses qualités gustatives : chair fine, sucrée, juteuse, fondante, parfum musqué... À consommer fraîche ou cuite.

Les fruits jaune paille teinté de vermillon à l'insolation, et de taille moyenne, sont prêts à être cueillis dès la fin du mois d'août.

La production est régulière mais les fruits sont sensibles à la tavelure.

Conservation : 30-45 jours

Groupe de pollinisation : 2


 
·         'Beurré Hardy'

Grosse poire de septembre à la peau vert-bronze et à la chair fine, juteuse, sucrée et parfumée.

Mise à fruit lente puis productivité satisfaisante. Arbre très vigoureux, très rustique et peu sujet à la tavelure.

Conservation : 60 jours

Groupe de pollinisation : 1 à 2
 

 
Autres poires d'été

  • Belle épine du Mas
  • Pérouille
  • Poire Sénateur Vaïsse


Les variétés de poires d'automne / hiver


 
·         'Conférence'

C'est l'une des poires les plus consommées. Les fruits sont longs, à la peau rugueuse de couleur jaune paille teinté de vert. La chair fine, juteuse et fondante a une saveur légèrement acidulée qui s'apprécie crue comme cuite.

Elle se cueille à la mi-septembre et se consomme en octobre.

L'arbre est productif et peu sensible à la tavelure.

Conservation : 180 jours

Groupe de pollinisation : 2 à 3



·         'Louise Bonne d'Avranches'

Ancienne variété à petits fruits allongés, à l'épiderme vert-jaune taché de vermillon et aux qualités gustatives reconnues : chair ferme, sucrée, parfumée et acidulée.  Elle est excellente cuite.

Arbre productif qui convient à toutes les régions, mais sensible à la tavelure et à l'alternance.

Attention, la variété se cueille à la fin septembre mais se garde moins longtemps que d'autres variétés tardives !

Conservation : 60 jours

Groupe de pollinisation : 1



·         'Général Leclerc'

Très ancienne variété de poires de taille moyenne à grosse, jaune avec de nombreuses roussissures, de très bonne qualité gustative : chair fine, tendre, juteuse, à la saveur légèrement acidulée et au parfum épicé. Les fruits se cueillent dès la mi septembre.

Arbre productif mais sujet à l'alternance.

Conservation : 170 jours

Groupe de pollinisation : 2 à 3
 


·         'Doyenné du Comice'

Excellente variété ancienne produisant une grosse poire jaune, lavée de rouge à l'insolation et souvent bosselée. La chair très fine est fondante, juteuse, sucrée et acidulée. Les fruits se récoltent en octobre.

L'arbre vigoureux est sujet à l'alternance et sa production est irrégulière. Peu sensible à la tavelure.

Conservation : 100 jours

Groupe de pollinisation : 3


 
Autres poires d'automne

  • Concorde
  • Alexandrine – aussi appelée Alexandrine Douillard ou Poire Douillard
  • Beurré de Ramegnies
  • Gris de Chin
  • Mouille bouche

Autres poires d'hiver

  • Gasparine
  • Passe-Crassane
  • Angélys
  • Poire de fisée
  • Doyenné Ramegnies
  • Colmar de Chin
  • L’Épiscopale

Poires à cuire


  • Martin Sec
  • Blesson ou blosson (poire à rissoles)

 

Conservation des poires


Pour achever la maturation d'une poire cueillie trop tôt, placez les fruits dans une pièce à température ambiante (18 – 20°C) pendant 2 ou 3 jours.
Pour conserver les poires de garde le plus longtemps possible, disposez-les dans une pièce fraîche (température de 5 °C environ), en une seule couche sur des étagères à claire-voie, en évitant de les mettre en contact les unes avec les autres. Régulièrement, surveillez les fruits et enlevez ceux qui commencent à se gâter.

Astuce : trempez le pédoncule (la petite tige) dans de la cire ou de la paraffine afin de bloquer l'évaporation ; cela améliore la conservation des fruits.
 




La plantation


• Creuser un trou de 50 à 60 cm de profondeur et 80 à 100 cm de large, de façon à bien ameublir la terre. Retirer les racines de mauvaises herbes et les cailloux.

• Mettre au fond du trou de plantation environ 150g de corne torréfiée  (soit deux poignées) à mélanger à la terre, reboucher de moitié le trou avec de la terre ainsi que du terreau plantation si nécessaire et de fumier composté (quantité de 1 ou 2 pelletées).

• Recouper l'extrémité des racines du poirier, ajouter de l'engrais reprise racinaire (une poignée à mélanger à la terre dans le trou de plantation). Placer un tuteur (ou un système de palissage pour les palmettes) et installer votre arbre le collet au niveau du sol (on le repère grâce au bourrelet à la jonction des racines et du tronc).

• Combler le trou de plantation avec la terre extraite éventuellement amendée de terreau plantation, tasser au pied de l'arbre en formant une cuvette et arroser abondamment (15-20 litres d'eau) afin d'assurer une bonne cohésion entre les racines et la terre.

• Pour la forme gobelet, effectuer une taille des rameaux à environ 20-35 cm de longueur par rapport au tronc, de préférence au dessus d'un bourgeon placé vers l'extérieur de la ramure et ne conserver que 3 à 5 branches. Pour le poirier en scion, étêter votre arbre à la hauteur désirée afin de former le tronc. Pour la palmette U simple, tailler les rameaux à 25-30 cm au dessus du coude.

 Les distances de plantation à respecter en fonction de la forme de vos poiriers :

- Poiriers en gobelet : 3-4m

- Poiriers en scion : 3-4m

- Poiriers en U : 80 cm


Poirier 'Louise-Bonne d'Avranches', forme en candélabre 19 branches, Orangerie du Sénat, Paris 6e, septembre 2010, photo Alain Delavie



Taille et entretien des poiriers


L'année qui suit la plantation, laissez pousser votre poirier naturellement.

Pour le poirier en gobelet, retailler les nouveaux rameaux apparus durant l'été à 30 cm de long environ de façon à faire ramifier les branches principales, et couper les branches qui se croisent à l'intérieur de la ramure. Par la suite, la mise à fruit se fait de façon naturelle. La taille consiste alors à conserver à l'arbre une forme harmonieuse, aérée et régulière, visant surtout à supprimer les branches mortes, celles qui se croisent dans la ramure et couper les branches trop longues qui s'éloignent de la forme.

Effectuer de préférence la taille du poirier durant le repos de végétation, hors périodes de gel.

Pour le poirier en palmette, il faut palisser les prolongements en cours d'été, en pleine végétation, et raccourcir les ramifications secondaires à 3 yeux (principe de la taille trigemme), durant l'hiver hors périodes de gel.

Les années suivantes, retailler les prolongements à 40-50 cm de long pour faire apparaître les organes de mise à fruits, et ce jusqu'à la hauteur voulue (2-3m). Les ramifications secondaires seront taillées à trois bourgeons.

Le poirier en scion permet de former votre arbre à votre guise : palmettes, cordons, tiges, etc.


 

Conseils d'entretien du poirier : N'hésitez pas à effectuer sur le poirier un traitement de fin d'hiver, puis après la floraison, un traitement préventif à la bouillie bordelaise afin d'éviter le développement de maladies. Les pucerons s'agglutinent parfois sur les jeunes pousses au printemps, provoquant un ralentissement de la croissance et une déformation du feuillage.

Les poires peuvent être attaquées par le carpocapse, dont la chenille détruit le cœur du fruit. Les adultes peuvent être piégés dans le courant de l'été grâce à des pièges à phéromones.

Enfin, afin d'induire une bonne fructification et de préserver la fertilité du sol, un apport de fumure organique en automne, suivi au printemps d'un apport d'engrais spécial arbres fruitiers peuvent être effectués chaque année.


 Quelques vidéos :


Planter un poirier à palisser forme de U
 
 

Comment tailler et entretenir un pommier, poirier ou cognassier ?



Eclaircir les fruits du pommier ou du poirier



La taille en vert du poirier palissé



Et lorsque l’on mange ce que l’on produit nous même, il n’y a rien de meilleur !


Des pommes, des poires et des pesticides. (PDF 4 pages)

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